Soitec est un pari, pas un placement — et il faut le dire d'emblée. Le titre a fait 200 €, puis 22 €, puis 116 € en un an : le marché du mobile qui le portait s'est effondré, et l'entreprise se réinvente autour de l'IA. Aujourd'hui, le 23 juillet, le titre bondit de 22 % parce que son Photonics-SOI — le substrat des connexions optiques des centres de données IA — vient de doubler en un an, la publication a été avancée et les perspectives relevées (T2 attendu +30 %). Le pari n'est pas sur une rente ni sur un bilan : il est sur une seule question — Soitec devient-elle un fournisseur clé de l'infrastructure IA optique, assez vite pour compenser la mort de son ancien métier ? Le bond du jour dit « peut-être » ; les chiffres annuels (perte de 220 M€) rappellent que rien n'est acquis.
- l'accélération Photonics-SOI cale (T2 < +30 %, doublement FY27 non tenu) ;
- le déclin RF-SOI/mobile va plus vite que la reprise IA ;
- le retour à la profitabilité (RN positif) glisse au-delà de FY28 ;
- un choc du capex IA mondial gèle la demande optique ;
- la qualification client de Singapour patine.
Soitec sort d'un effondrement : le RF-SOI (puces radio des smartphones), son cœur historique, a plongé avec le marché mobile, faisant chuter le CA de 34 % et le résultat en perte. Le marché l'avait laissé pour mort (22 €). Le pivot IA — Photonics-SOI — change la donne, et la CDC (via Bpifrance) est montée à 15 % du capital, un ancrage souverain qui stabilise. Mais le titre reste un couteau à double tranchant : quatre hedge funds sont short (~2,6 %), et le bond du jour mêle vrai relèvement et rachats forcés.
Elle ne dit RIEN d'exploitable : avec un titre passé de 200 à 22 puis 116 € en douze mois, la volatilité (σ ≈ 59 %) rend toute régression illusoire. Le canal place le cours « dans la moyenne », mais cette moyenne est un artefact d'un graphique en montagnes russes. Ce dossier se juge sur UNE trajectoire — celle du Photonics-SOI — pas sur un canal de prix. La statistique est mise de côté, en toute honnêteté.
L'auteur ne détient pas d'actions Soitec. Titre hautement spéculatif. Édité par Quarto SAS (RCS Mulhouse, SIREN 106 908 692) — Damien Zurbuch, auteur. Opinion personnelle — ceci n'est pas un conseil en investissement. Chaque chiffre est sourcé et daté (annexe §8).
Sommaire
Un dossier se lit dans l'ordre — mais chaque feuille se tient seule. Chaque entrée est cliquable. Celui-ci lit un retournement technologique spéculatif : la trajectoire du Photonics-SOI (l'IA) prime sur toute lecture de canal ou de multiple d'une année de perte.
Le métier
Soitec fabrique des substrats semi-conducteurs — des galettes de silicium à structure spéciale (Silicon-On-Insulator, SOI) sur lesquelles les fondeurs gravent leurs puces. Son procédé breveté (Smart Cut) transfère une fine couche de silicium sur un isolant, améliorant performance et consommation. Historiquement, le gros du chiffre venait du RF-SOI (puces radio des smartphones) ; ce marché s'est effondré. Le relais s'appelle Photonics-SOI : le substrat des composants optiques qui connectent les serveurs IA dans les data centers — une activité qui vient de doubler.
Les familles de substrats
RF-SOI (radiofréquence, mobile 4G/5G) : le cœur historique, en fort déclin — le marché du smartphone a plongé et la 5G a saturé. Photonics-SOI : la pépite du moment — les transceivers optiques (800G, 1,6T) qui relient les GPU dans les fermes IA ont besoin de ce substrat, et la demande explose avec les investissements IA. POI (Piezoelectric-On-Insulator, filtres), FD-SOI (processeurs basse consommation, edge/IoT/auto), Power-SOI et substrats pour le carbure de silicium (auto électrique). Un portefeuille technologique large, mais concentré sur des clients et des cycles violents.
Le pivot IA, chiffré
Au T1'27 (avril-juin 2026), le CA rebondit de +23 % à périmètre constant — dont un Photonics-SOI qui double sur un an. L'usine de Singapour (SOI 300 mm) est qualifiée pour la grande série, débloquant la capacité. L'émetteur attend un CA Photonics-SOI FY27 plus de deux fois supérieur à celui de FY26 (~100 M$). C'est la bascule d'un fournisseur mobile vers un fournisseur d'infrastructure IA — le fait générateur de tout le dossier.
Secteur & position concurrentielle
Soitec est le leader mondial du SOI, avec un savoir-faire (Smart Cut) breveté et difficile à répliquer — un vrai moat technologique. Mais c'est un moat FRAGILE au sens du cycle : Soitec est un fournisseur de matériaux, en amont de fondeurs et de clients (Qualcomm, fondeurs IA) dont les commandes varient brutalement. Le savoir-faire protège la position ; il ne protège pas des cycles clients — le titre en est la preuve (200 → 22 → 116 €).
Le moat, et sa limite
Le procédé Smart Cut donne à Soitec une position quasi unique sur les substrats SOI de pointe — les concurrents (Shin-Etsu, GlobalWafers) sont présents mais Soitec domine les segments spécialisés. C'est un moat de propriété intellectuelle et d'échelle. Sa limite : Soitec vend à quelques grands clients dans des marchés (mobile, IA, auto) aux cycles violents et désynchronisés. Quand le mobile s'effondre, aucun moat ne protège le chiffre d'affaires — d'où la nécessité vitale de trouver le relais IA. La position concurrentielle sur le Photonics-SOI est justement le pari : Soitec y arrive-t-elle en leader, ou en un fournisseur parmi d'autres ?
Un titre, pas un secteur comparable
Les « comparables » (STMicro, Infineon) sont des fabricants de puces, pas de substrats — profils, marges et cycles différents. Soitec est un pure-play matériaux à très forte volatilité : le comparer à un semi-conducteur généraliste induit en erreur. Son vrai référentiel est le capex IA mondial (côté demande) et sa propre exécution industrielle (côté offre).
Les comptes
L'exercice 2025-2026 est le creux : CA 592 M€ (−34 %), marge brute effondrée à 16,3 %, résultat net en PERTE de 220 M€ (dépréciations comprises). La seule bonne nouvelle du bilan : la discipline a préservé la solidité — free cash-flow revenu à +63 M€, dette nette de seulement 0,4× l'EBITDA. Soitec a les moyens financiers d'attendre son retournement ; la question n'est pas la survie, c'est la vitesse de la reprise.
| Indicateur | FY24-25 | FY25-26 | Var. |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | ~897 | 592 | −34 % |
| Marge brute | 286 (~32 %) | 96 (16,3 %) | −66 % |
| EBITDA | 298 | 151 (25,4 %) | −49 % |
| Résultat net pdg | +92 | −220 (perte) | n.s. |
| Free cash-flow | ~0 | +63 | retour positif |
| Dette nette / EBITDA | — | 0,4× | bilan robuste |
La perte de 220 M€ inclut des dépréciations et le coût du sous-emploi des capacités (l'usine tourne à vide quand la demande mobile s'effondre). L'EBITDA reste positif (151 M€, 25,4 %) — le métier n'est pas structurellement déficitaire, il est sous-chargé.
La lecture juste : sous-charge, pas naufrage
Une usine de semi-conducteurs a des coûts fixes énormes : quand les volumes chutent de 34 %, la marge s'effondre non parce que le produit est mauvais mais parce que l'outil tourne à vide. La perte 2025-26 est une perte de SOUS-CHARGE. Le corollaire est le levier opérationnel INVERSE : si le Photonics-SOI remplit les capacités (Singapour qualifiée), la marge remonte brutalement — c'est tout le pari de la reprise FY28. Le bilan (0,4× de levier, FCF positif) donne le temps de le tenir.
Intégrité comptable (mini-check)
① EBITDA positif malgré la perte nette : la perte est de la dépréciation et de la sous-charge, pas de l'exploitation courante déficitaire. ② FCF revenu positif (+63 M€) : la discipline cash a fonctionné. ③ Dépréciations : normales dans un creux de semi-conducteurs — affichées. ④ Le vrai risque comptable est futur : si la reprise IA ne se matérialise pas, de nouvelles dépréciations d'actifs suivraient. Rien d'anormal à ce stade.
Gouvernance & actionnariat
Le fait de gouvernance de l'année : la Caisse des dépôts (CDC), via Bpifrance, CDC Croissance et CNP, est montée à 15,28 % du capital et 20,33 % des droits de vote (franchissement de juin 2026). L'État français sécurise Soitec comme un actif de souveraineté semi-conductrice — un ancrage stabilisateur pour un titre par ailleurs très volatil. Ce n'est pas une prise de contrôle hostile ; c'est un filet public sous une pépite technologique nationale.
Le franchissement (déclaré le 22/06, publié le 21/07/2026) porte la CDC au premier rang de l'actionnariat : Bpifrance Participations 11,45 % du capital et 17,26 % des droits de vote, plus CDC Croissance et CNP. La déclaration d'intention précise l'absence d'action de concert avec un tiers et une partie du franchissement résultant de titres reçus en collatéral (CNP) — mais le signal est clair : l'État considère Soitec comme stratégique (les substrats semi-conducteurs sont un maillon de la souveraineté technologique européenne, sujet brûlant depuis les pénuries de 2021-2022 et la guerre des puces US-Chine).
Ce que ça change pour le minoritaire : un plancher implicite (l'État ne laissera pas Soitec tomber ou passer sous contrôle étranger sans réagir), une gouvernance surveillée, et une réduction du risque extrême de faillite/dilution brutale. Ça ne change RIEN au pari industriel (le Photonics-SOI doit livrer), mais ça borne le risque baissier. Pour un titre spéculatif, avoir l'État au capital est un coussin appréciable.
« Quand l'État monte à 15 % d'une pépite semi-conductrice, il ne parie pas sur le trimestre — il assure la souveraineté. C'est un filet, pas un moteur. »
Perspectives & risques
Les perspectives ont été RELEVÉES le 22 juillet : T2'27 attendu +30 %, CA Photonics-SOI FY27 plus de deux fois celui de FY26. Toute la thèse haussière tient dans cette accélération — l'IA remplit les capacités que le mobile a vidées. Le camp d'en face est concret et nombreux : quatre hedge funds sont short (~2,6 %), et le bond du 23/07 mêle vrai relèvement et rachats forcés. C'est le dossier le plus binaire et le plus spéculatif de tous.
Guidance & trajectoire — le chiffré, en un coup d'œil
| Indicateur | FY 2025-26 (réalisé) | Perspective FY 2026-27 | Consensus BPA |
|---|---|---|---|
| CA T1'27 | — | 113 M€, +23 % (vs objectif +15 %) | — |
| CA T2'27 | — | > +30 % attendu | — |
| Photonics-SOI | ~100 M$ | > 2× le FY26 | — |
| BPA (€) | perte | FY27 : ~−0,04 | FY28 : +2,03 (reprise) |
Les moteurs, et leur crédibilité
① Photonics-SOI / optique IA : LE moteur — doublement en cours, capacité de Singapour qualifiée, T2 +30 % — crédibilité haute à court terme (les carnets IA sont là), incertaine au-delà (dépend du capex IA mondial). ② Retour à la profitabilité : le levier opérationnel inverse (remplir les capacités) — crédibilité liée au n°1. ③ FD-SOI / auto / edge : relais plus lents, crédibilité moyenne. ④ RF-SOI : en déclin structurel — un vent contraire, pas un moteur.
Ce qui doit être vrai
(a) La demande d'optique IA (transceivers) croît fort et durablement — le pari sur l'infrastructure des data centers ; (b) Soitec y est un fournisseur clé et rentable, pas marginal ; (c) l'exécution industrielle (Singapour, qualifications) suit la demande sans rater.
Le camp d'en face, défendu sincèrement
Quatre hedge funds shorts en disent long. Leur thèse : Soitec est un fournisseur de matériaux commoditisable, à un ou deux crans de la valeur créée par l'IA (ce sont Nvidia et les fabricants de transceivers qui capturent la marge, pas le fournisseur de galettes). Le doublement du Photonics-SOI part d'une base minuscule (~100 M$) et ne compense pas la mort du RF-SOI à l'échelle du groupe (CA total encore −34 %). Le titre s'est payé jusqu'à 200 € sur un rêve, s'est effondré à 22 € sur la réalité, et rebondit à 116 € sur un nouveau rêve — la volatilité EST le message : personne ne sait valoriser cette entreprise, et un pure-play matériaux dans un cycle IA euphorique est le candidat idéal à la prochaine désillusion. Le bond du 23/07 est en partie un squeeze : les shorts rachètent, ça amplifie, ça retombera.
Notre réponse — mesurée : le relèvement est RÉEL (publication anticipée, T2 +30 %, capacité qualifiée), pas un rêve — l'optique IA est un besoin physique des data centers, pas une mode. Le bilan (0,4× de levier, FCF positif, CDC au capital) donne le temps. MAIS le camp d'en face a raison sur un point capital : c'est un pari, pas un placement — la base est petite, la valeur terminale incertaine, la volatilité extrême. Ce dossier ne recommande pas de « détenir Soitec » comme on détient GTT ou Sanofi ; il documente un pari asymétrique à dimensionner petit.
Qui parie contre — le positionnement (bloc dédié : VAD matérielle)
| Fonds | Position | Depuis |
|---|---|---|
| Marshall Wace | 0,80 % | 17/07/2026 |
| Citadel Advisors | 0,73 % | 22/07/2026 |
| AHL Partners | 0,57 % | 29/05/2026 |
| Bridgewater Associates | 0,51 % | 22/07/2026 |
| Total déclaré ≥ 0,5 % | ~2,6 % | 4 fonds |
Lecture à double sens : ~2,6 % du capital est vendu à découvert par des fonds sophistiqués — un pari baissier significatif sur une petite valeur. MAIS deux positions ont été prises le 22/07 (la veille du bond) : le +21,6 % du 23/07 les a probablement mises en perte, forçant des rachats qui amplifient la hausse (short squeeze). Le short est ici à la fois un signal de scepticisme ET un carburant de volatilité — dans les deux sens. Il ne « plombe » pas le titre (le short doit racheter) ; il l'agite.
Les risques, hiérarchisés
1. Le pivot IA déçoit (probabilité réelle, impact majeur : le titre retourne vers 60-85 €). 2. Choc du capex IA mondial (moyenne, majeur : gèle la demande optique). 3. Déclin RF-SOI plus rapide que la reprise (moyenne, modéré). 4. Volatilité / squeeze qui retombe (haute à court terme : le cours du jour est peut-être suracheté). 5. Exécution industrielle (Singapour) (faible à moyenne, majeur si raté).
Valorisation
Soitec est invalorisable sur ses profits actuels — l'exercice 2025-2026 est une perte de 220 M€. Le prix de 116,80 € n'est pas un multiple, c'est un PARI sur la reprise : le consensus voit un BPA de +2,03 € en FY28 (mars 2028), soit ~57× cette première année de retour au vert. On ne valorise pas Soitec, on parie sur une trajectoire. Le canal statistique est inexploitable (volatilité 59 %). Les zones ci-dessous sont des scénarios binaires, pas des fourchettes de juste valeur.
Geste 1 — le prix face à son histoire : mise en garde
Avec un titre passé de 200 € à 22 € puis 116 € en douze mois, la régression n'a pas de sens : elle « centre » le cours sur une moyenne qui n'est qu'un point milieu entre l'euphorie et la panique. Honnêteté du dossier : on écarte le geste statistique pour Soitec. Le prix ne se juge pas contre une tendance ; il se juge contre une hypothèse de reprise (le Photonics-SOI livre-t-il ?). C'est le seul dossier de la série où le canal Quarto est délibérément mis de côté.
Geste 2 — ce que le prix actuel suppose, chiffré
À 116,80 € pour 4,17 Md€ de capitalisation, le marché suppose que Soitec retrouvera une rentabilité significative d'ici FY28-FY29 et deviendra un acteur durable de l'optique IA. Concrètement : un retour à ~200 M€ de résultat net (le niveau de FY23, le pic mobile) justifierait ~20× soit un cours vers 110-115 € — le prix actuel price donc le retour au pic de profitabilité passé, porté cette fois par l'IA au lieu du mobile. C'est plausible SI le Photonics-SOI tient ses promesses ; c'est cher si la reprise cale à mi-chemin. Le pari est symétrique : +60 % si l'IA livre, −40 % si elle déçoit.
« On ne valorise pas Soitec — on parie sur une phrase : le Photonics-SOI double, puis redouble. Si elle est vraie, 116 € est bon marché ; si elle est fausse, c'est cher. »
Scénarios (pas des fourchettes de juste valeur)
| Scénario | Hypothèse | Cours implicite |
|---|---|---|
| Le pivot déçoit | Photonics cale, RF-SOI chute — retour au creux récent | 60–85 € |
| La reprise se confirme | FY28 rentable (BPA ~2 €+), Soitec acteur IA établi | 110–145 € |
| Soitec devient un pilier optique IA | marges restaurées, croissance durable | 180–220 € |
Volatilité & drawdown — la donnée centrale
σ ≈ 59 %/an — le titre le plus volatil de très loin de tous nos dossiers. Amplitude 52 semaines : 22,62 € à 200,50 €, soit ×9 entre le creux et le pic. +21,6 % ce seul jour. Celui qui touche à Soitec doit accepter des variations de ±30 % en quelques séances comme la norme, pas l'exception. C'est le paramètre qui commande le dimensionnement (petit, toujours).
La méthode — pourquoi celle-ci, et comment les trois zones sont construites
Aucune de ces fourchettes ne sort d'un modèle de flux actualisés. La recette tient en une ligne — zone = base de bénéfice × fourchette de multiple × horizon — et tout le travail consiste à choisir les trois ingrédients pour Soitec en particulier. Le choix se justifie ; il ne se décrète pas.
Soitec capitalise 4,17 Md€ sur 35,7 M d'actions, pour une valeur d'entreprise de 3,48 Md€ — donc une trésorerie nette, ce qui borne le risque par le bas. Ce dossier est l'un des trois de la couverture où la statistique est déclarée inexploitable : avec une volatilité annuelle de l'ordre de 59 %, le canal de régression ne produit aucun signal — la « juste valeur » qu'on en tirerait serait un artefact. On raisonne donc en issues plutôt qu'en fourchette continue : soit le retournement porté par la demande liée à l'IA se matérialise, soit il tarde, soit il échoue. L'EBITDA de l'exercice s'établit à 151 M€ pour une marge de 25,4 %, ce qui donne le point de départ. Les trois zones sont donc des scénarios, larges par construction, et cette largeur est l'information : elle dit qu'il s'agit d'un pari, à dimensionner comme tel.
| La méthode, et ce qu'elle donne ici | Verdict |
|---|---|
| Scénarios de retournement, bornés par le bilan trois issues, pas une fourchette continue | ✓ retenue — avec une volatilité de l'ordre de 59 %, aucune tendance ni aucun multiple stable ne peut être établi : on raisonne en issues, pas en fourchette |
| Canal de régression volatilité ~59 % | ✗ écartée — à 59 % de volatilité annuelle, les bandes de la régression sont si larges qu'elles englobent presque tous les prix : le signal est nul |
| Multiple de bénéfice stable inapplicable | ✗ écartée — l'EBITDA de 151 M€ pour une marge de 25,4 % varie fortement d'un exercice à l'autre selon quelques clients : aucun multiple stable ne peut s'y appliquer |
| Ingrédient | Retenu | Sa provenance |
|---|---|---|
| Ancre principale | scénarios de retournement | trois issues distinctes, non interpolables — l'EBITDA de 151 M€ et la trésorerie nette donnent le point de départ et le plancher |
| Plancher | trésorerie nette au bilan | valeur d'entreprise de 3,48 Md€ inférieure à la capitalisation de 4,17 Md€ |
| Source du multiple | Historique propre du titre | aucune fourchette stable n'est défendable sur ce titre : les zones sont des scénarios de retournement, bornés en bas par la trésorerie nette au bilan |
| Zone | Ce qu'il faut croire | Le calcul | Fourchette |
|---|---|---|---|
| Conservatrice à 18 mois | le retournement échoue, la demande ne se matérialise pas Échéance : un à deux exercices sans reprise des commandes | scénario d'échec, borné par la trésorerie nette | 60–85 € |
| Normale à 18 mois | le retournement se confirme graduellement Échéance : un à deux exercices de commandes en hausse | scénario médian de reprise progressive | 110–145 € |
| Optimiste à 30 mois | la demande liée à l'IA porte pleinement le retournement Échéance : deux à trois ans — montée en volume d'un nouveau produit | scénario haut de reprise complète | 180–220 € |
Lecture : chaque zone applique un multiple à la base retenue, à une échéance donnée. L'horizon n'est pas décoratif — un même gain n'a pas la même valeur selon qu'il se réalise en un an ou en quatre. Les bornes sont arrondies à un chiffre rond ; une fourchette au centime serait une fausse précision. Statistique écartée (décision 58b) : les zones sont des scénarios, leur largeur est l'information. Ce que cette méthode n'est pas : ni un modèle de flux actualisés (DCF), ni un objectif de cours. Trois jeux d’hypothèses conditionnelles, affichés pour être contestés.
Zones de prix — trois lectures conditionnelles
| Zone | Ce qu'il faut croire | Hypothèse | Fourchette |
|---|---|---|---|
| Conservatrice à 18 mois | le retournement échoue, la demande ne se matérialise pas | scénario d'échec, borné par la trésorerie nette | 60–85 € |
| Normale à 18 mois | le retournement se confirme graduellement | scénario médian de reprise progressive | 110–145 € |
| Optimiste à 30 mois | la demande liée à l'IA porte pleinement le retournement | scénario haut de reprise complète | 180–220 € |
Les « zones » reprennent les scénarios binaires ci-dessus — elles ne sont PAS des fourchettes de juste valeur statistique (impossible sur ce titre). Repère externe : médiane des 18 analystes 144 € (scénario reprise). Le cours actuel (116,80 €) est au bas de la zone « reprise confirmée » — après un bond de +21,6 %, l'entrée au cours du jour paie déjà une partie de la bonne nouvelle.
Tableau de bord & timing
Cinq indicateurs, avec leurs seuils. Pour Soitec, un seul compte vraiment : la trajectoire du Photonics-SOI. Tout le reste est du bruit autour de cette question binaire — l'IA remplit-elle les capacités que le mobile a vidées ?
| Indicateur | Favorable | Défavorable | Dernier point |
|---|---|---|---|
| Photonics-SOI | doublement FY27 confirmé, T2 ≥ +30 % | accélération qui cale — invalidation n°1 | ×2 sur un an (T1) |
| CA total (TCC) | croissance qui s'installe | le déclin RF-SOI l'emporte | +23 % au T1'27 |
| Marge / profitabilité | redressement (levier inverse) | pertes qui persistent au-delà de FY28 | perte FY26, EBITDA + |
| Qualification Singapour | élargie à d'autres clients | retards / rendements décevants | premiers clients qualifiés |
| Positionnement (VAD) | shorts en repli (thèse validée) | nouveaux shorts (scepticisme renforcé) | ~2,6 %, 4 fonds |
Timing — daté du 23 juillet 2026, jour du bond +21,6 %
Le titre vient de bondir de 22 % sur le relèvement Photonics-SOI, dans un mouvement mêlant vrai fondamental et probable short squeeze (deux entrées shorts la veille). Entrer au cours du jour, c'est acheter après le catalyseur — on paie une partie de la bonne nouvelle et on s'expose au reflux post-squeeze. La discipline pour un titre aussi volatil : ne jamais chasser un +20 %. Le point d'entrée d'un pari asymétrique se prend dans le calme (un repli vers 90-100 € après digestion du bond), jamais dans l'euphorie d'une séance à +21 %. Et toujours en position réduite : Soitec est un billet de loterie asymétrique, pas une ligne de fond de portefeuille.
Annexe — sources & données
Chaque chiffre sort avec sa source et sa date. Ce dossier lit un retournement spéculatif : il déclare son incertitude, décompose le bond du jour (fondamental vs technique) et écarte explicitement la lecture statistique de canal, inexploitable ici.
Le bond du 23/07, décomposé
Le +21,6 % (96,02 → 116,80 €) a DEUX composantes : ① fondamentale — le communiqué du 22/07 relève les perspectives (T1 +23 % vs +15 % visé, Photonics-SOI ×2, T2 attendu +30 %, publication anticipée) ; ② technique — quatre fonds sont short (~2,6 %), dont deux entrés le 22/07 : le relèvement les a mis en perte, forçant des rachats qui amplifient la hausse (short squeeze). Impossible de chiffrer la part de chacune, mais les deux jouent. Conséquence pour le lecteur : une partie du bond est « réelle » (meilleure trajectoire), une partie est mécanique (rachats forcés) et peut refluer. À ne pas confondre avec un simple re-rating fondamental propre.
Sources primaires
CA T1'27 — communiqué AMF du 22/07/2026 (113 M€ +23 % TCC, Photonics-SOI ×2, T2 attendu +30 %, Photonics FY27 > 2× FY26, Singapour qualifiée, publication anticipée, capex FY27 ~100 M€). FY 2025-2026 (clôture 31/03/2026) — communiqué AMF du 27/05/2026 (CA 592 M€ −34 %, marge brute 96 M€/16,3 %, EBITDA 151 M€/25,4 %, RN −220 M€, FCF +63 M€, dette nette/EBITDA 0,4×). URD 2025-2026 — dépôt AMF du 10/06/2026 (non dépouillé en détail). Actionnariat — déclaration AMF 226C0883 du 21/07/2026 (CDC 15,28 % du capital / 20,33 % des DV via Bpifrance 11,45 %, CDC Croissance, CNP).
Positions courtes — registre AMF (SSR) : Marshall Wace 0,80 % (17/07), Citadel 0,73 % (22/07), AHL 0,57 % (29/05), Bridgewater 0,51 % (22/07) — total ~2,6 %. Marché & consensus — API du 23/07/2026 : cours 116,80 € (clôture du jour du bond), capi 4,17 Md€ ; 18 analystes (médiane 144 €, reco « hold ») ; BPA FY27 −0,04 € / FY28 +2,03 €. Cours — moteur Quarto ; la régression est déclarée non fiable (σ ≈ 59 %) et écartée du raisonnement.
Dérivations de l'auteur
Signalées comme telles : PER FY28 (116,80 ÷ 2,03 ≈ 57×), cours implicite au retour du pic de profit (~200 M€ × 20× ≈ 110-115 €), scénarios binaires, décomposition du bond. AUCUNE zone de « juste valeur » statistique n'est prétendue (impossible sur ce titre).
Manques assumés
Exercices décalés (mars) — comparaisons annuelles délicates. Historique fondamental limité (4 exercices API). Décomposition précise du bond fondamental/squeeze impossible à chiffrer. Régression Quarto écartée (volatilité extrême). Détail des marges par famille de substrats non repris. URD 2025-2026 non dépouillé. Ce dossier documente un PARI, avec son incertitude affichée — pas une valorisation de placement.
Conflits d'intérêts
L'auteur ne détient pas d'actions Soitec à la date de rédaction ; le titre figure dans sa liste de surveillance. Toute décision d'entrée suivra la note privée de money management, hors de ce document, avec un délai d'au moins 48 h après diffusion. Aucune rémunération de l'émetteur. Communication préalable : aucune. Opinion personnelle — pas un conseil en investissement. Titre hautement spéculatif : ce document insiste sur le risque plus que sur l'opportunité.
Publié par Quarto à titre informatif — ni conseil en investissement ni recommandation personnalisée. Investir comporte un risque de perte en capital.